Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Pierre Besnanou président du FSJU, s'exprime sur l'alya

Publié le 30 Septembre 2012 par Claudine Douillet in israel, alyah, juifs, juives, juifs-de-france, communauté-juive, antisémitisme, islamisme

Pierre Besnanou président du FSJU, s'exprime sur l'alya

pour lire intégralement cet article cliquez-ici

Notre dossier "L'alya d'aujourd'hui et ses nouveaux sionistes"a commencé en Israël où nous sommes allés à la rencontre des nouveaux immigrants afin de connaître leurs motivations, leur vie actuelle en Israël, 
puis à la rencontre des responsables de l'intégration en Israël.

Nous voulions connaître également la position des acteurs principaux de la communauté juive en France. Sont-ils favorables à l'alya ?

N'y a-t-il pas un conflit d'intérêt entre l'alya et les institutions juives de France ?



Nous avons rencontré l'un des plus important représentant de la communauté juive de France, Monsieur Pierre Besnainou qui depuis 2006 est le Président du FSJU - Fond Social Juif Unifié- le poumon financier de la communauté qui collecte des fonds à travers l'Appel juif unifié de France, finance les oeuvres sociales, les écoles juives. 



En 2004, Pierre Besnainou a été l'organisateur de l'opération "Sarcelles d'abord" qui visait à faire émigrer vers Israël une partie des juifs de France, avec l'appui logistique de l'Agence juive, l'organisme israélien chargé de favoriser l'alyah -

En 2005 il a créé sur ses propres fonds, l'aide au départ, l'AMI (Alyah meilleure intégration) dont les bureaux sont à Jérusalem.

Ainsi cet homme qui a lancé l'idée de la double nationalité pour les juifs de France, ce que Roger Cukierman - président du CRIF à l'époque -estimait contraire au patriotisme français, cet homme venu de Tunisie en 1972, qui a toujours eu foi dans un dialogue entre juifs et musulmans, cet homme qui revendique depuis toujours la double gratitude envers la France et Israël quelle est son regard à l'aube des événements qui secouent violemment les fondations même de la communauté juive de France ?

Sa position vis à vis de l’alya alors qu’il est aujourd’hui dans un engagement communautaire en France a-t-elle changée ?

Claudine Douillet -La situation économique et politique de la France, poussent de plus en plus de Juifs à la quitter pour faire leur Alya, quelle est votre position vis à vis de l'alya ?

Pierre Besnainou : Si il y a aujourd'hui une personne dont on ne peut mettre en doute son engagement vis à vis d'Israël et pour favoriser l'Alya c'est bien moi, et ce depuis plus de 10 ans, en ayant créé notamment l'AMI.
 Mon engagement pour l'alya est toujours le même, il faut aider les Juifs de France, pour ceux qui le souhaitent, à s'installer en Israël. Mon point de vue ne change pas. 
Israël est un merveilleux pays et encourager ceux et celles qui souhaitent s'y installer est fondamental.

Claudine Douillet - Ne pensez-vous pas que le départ vers Israël de ces Juifs ,la plupart aisés, risquent de mettre en péril ceux qui ne le pourront pas pour des raisons essentiellement économiques, notamment par le manque de logements sociaux en Israël ?

Pierre Besnainou – Tout d'abord, je ne vois pas pourquoi ceux qui ont de l’argent pourraient plus partir en Israël que ceux qui n'en ont pas ?

Claudine Douillet - Pour un problème économique...tous les Juifs de France n'ont pas les moyens d'acheter un appartement en Israël.

Pierre Besnainou - Non c'est totalement marginal, je crois bien connaître les chiffres de l'alya pour toutes les raisons que vous imaginez, c'est tout d'abord des jeunes qui partent pour la plus grande majorité , des couples avec de jeunes enfants qui construisent leur vie et qu'ils préfèrent la construire en Israël. On ne part pas en Israël pour des raisons fiscales.

Claudine Douillet: Ce n'était pas le sens de ma question...

Pierre Besnainou - Israël n'est pas une porte de sortie de secours, l'alya doit être un choix, un choix de vie et probablement il est plus facile de vivre en France quand vous avez des moyens financiers que quand vous en avez pas.

Aujourd'hui la vie en France est de plus en plus difficile sur le plan économique , vivre dans des quartiers sensibles également.

Il est donc plus difficile de vivre en France en tant que juif avec de faibles moyens qu'en Israël.
 En France il est plus facile de vivre à Neuilly-sur-Seine qu'en Seine-Saint-Denis...


J'ai donc le sentiment d'après ce que je vois, que ce sont plus les jeunes, les sionistes qui partent en Israël, plutôt que ceux qui ont de véritables moyens financiers.


Claudine Douillet : Reste le problème de logement, crucial, en Israël. 
Il n'existe pas en Israël, comme en France, des logements sociaux. 
Ainsi ceux qui veulent faire leur alya doivent pouvoir acheter sachant que les locations en Israël ne sont pas à durée illimitée.

Pierre Besnainou : Il existe en Israël Hamidar et Hamigour qui sont les HLM avant les HLM.

Ce sont deux sociétés pour logements sociaux.

Si vous allez vivre à Tel-Aviv au bord de la mer c'est très cher, si vous allez vivre dans des superbes villes que sont Ashdod, Askelon , Natanya, les loyers n'ont pas de commune mesure avec ceux pratiqués en France.

Claudine Douillet : Comment voyez-vous la situation des Juifs de France face à l'islamisation de la France ?

Pierre Besnainou : La grande question de la France est identitaire. Les Juifs de France sont confrontés à sa question identitaire : Est-ce que la France est un pays chrétien ou laïc ?

Quelle est la place pour les cultures différentes? 


A cela s'ajoute un antisémitisme ,souvent par des populations maghrébines, qui se revendiquent au nom d'un islam radical et agressif contre les Juifs de France.

Ces deux problèmes font que les Juifs de France se posent des questions, légitimes, sur l'avenir de la France.

Il y a une réflexion extrêmement intéressante à ce propos :

Est-ce le départ des Juifs d'un pays qui provoquent son déclin?

Ou est-ce que les Juifs anticipent le déclin ? comment muent par un 6 ème sens, que leur histoire souvent tragique, leur a transmis.

Les Juifs de France qui ne voient pas leur avenir en France sont-ils en train de ressentir un malaise profond dans ce pays, qui laisse présager son déclin lié à des problèmes économiques, politiques, y compris avec la montée d'un islamisme radical avec la violence et l'agressivité que nous pouvons observer ?

Violence verbale dans l'expression même du visage, tel que nous avons pu le voir devant l'ambassade des Etats-Unis.

Cette violence profite de la moindre étincelle pour ravager, pour incendier.

Claudine Douillet - Seriez-vous favorable à la création d'un événement afin de favoriser l'alyah des Juifs de France , par exemple la rencontre avec les coordinateurs qui aident à l'intégration en Israël avec les futurs candidats à l'alyah en France, également avec les nouveaux immigrants , ainsi qu’avocats , des experts pour l'achat ou la location en Israël ?




Pierre Besnainou : Il y a déjà le salon de l'Alyah chaque année organisé par l'Agence Juive.

Je pense que tout ce qui peut aider celles et ceux qui ont le souhait de faire leur alya , pour une meilleure compréhension de ce qu'ils vont trouver en Israël me paraît indispensable.

C'est une excellente chose afin que chacun puisse faire son choix en parfaite connaissance de cause.

Partir en Israël en étant conscient des difficultés ,r émigrer dans un pays c'est difficile, même si nos racines en France ne sont pas très profondes puisque 80% de la communauté juive est arrivée en France dans les années 50/60 donc relativement facile à déraciner mais pas simple quand on est naît ici, quand on ne parle pas la langue, tout un ensemble de choses qui peuvent rendre la décision plus complexe et pourtant elle est a envisager, avec sérieux.

Il faut bien préparer son Alya.

Quand j'ai créé AMI ,le message transmis à Avi Zana - directeur d'AMI- était clair :

AMI doit construire un projet d'aide à l'alya aux côtés de l'Agence Juive
.

Pour AMI c'est avec l'Agence Juive que les choses doivent se réfléchir, se construire et se développer.

Claudine Douillet - Pensez-vous que l'Agence Juive puisse répondre de façon personnelle aux questions de tous les candidats à l'alya ?

Pierre Besnainou - Oui bien-sûr. C'est l'autorité qui a la compétence. L'Agence Juive a cette responsabilité ainsi qu'AMI. Leur responsabilité est de répondre , d'aider en France avant leur départ et en Israël à leur arrivée, les nouveaux immigrants.

Publicité
Publicité
Commenter cet article
Publicité