Pour lire intégralement cet article cliquez-ici
Aujourd'hui, c'est Hadera qui va vous êtes raconté.
Nous avons été à la rencontre de la famille Benguigui.
Hadera est une ville pionnière dans son projet d'intégration de familles françaises.
Son maire a décidé qu'il était important d'intégrer des familles qui viennent de France, l'apport de leur culture, leur savoir faire aussi est un plus pour cette petite ville bien loin des tracas des grandes villes. C'est un projet audacieux et qui semble porter ses fruits.
Un peu province baignée de la lumière de la Toscane brun orange, Hadera n'est pas une ville occidentalisée comme Natanya ou Tel-Aviv.
A Hadera vous rentrez de plein pied dans une autre réalité d'Israël, un rythme de vie plus calme, plus orientale peut-être, où l'essentiel ne se lit pas en première lecture.
C'est une ville qui ne révèle son secret qu'à ceux qui lui prêtent oreille et la regardent avec le coeur.
C'est ainsi que Julien et Axel l'ont compris et la vivent. Julien est médecin , jeune médecin, Axelle s'occupe,pour le moment, de ses deux jeunes enfants, deux garçons.
Ils vivent dans une maison magnifique, qui elle aussi a sa propre histoire.
L'orient se distingue de l'occident, partout,ici, l'histoire se raconte, la tradition orale prend le dessus. Alors on écoute.
Claudine Douillet : Axelle et Julien bonjour. Racontez nous votre histoire. Tout d'abord qu'est ce qui vous a décidé à quitter la France pour venir vivre en Israël ? Quel a été le déclic ?
Axelle : Nous sommes mariés depuis 7 ans; cela fait un an que nous sommes ici.
Pour nous Israël est le but pour tous les juifs. En France on ne peut se réaliser que partiellement, d'un côté la religion et de l'autre ,la vie matérielle. En Israël, les deux sont naturellement réunis.
Julien : Il faut ajouter que nous étions au top en France, nous vivions à Neuilly-sur-Seine, avec une très belle communauté sous l'égide du Rav Haïm Sitruck. Je suis médecin. On avait tout pour rester tranquillement en France.
Choisir de vivre en Israël c'est un acte de foi. Nous ne sommes pas partis vivre en Israël par dépit ou par défaut. On voulait partir et nous sommes partis.
Axelle : Moi-même je travaillais à l'ambassade d'Israël à Paris, je n'avais donc aucun problème pour la pratique de la religion.
Pour mieux expliquer notre choix " On ne se marie parce que l'on a assez d'être célibataire mais parce que l'on a trouvé la bonne personne"
Julien : C'est exactement cela, j'ajouterai ce n'est pas nous qui choisissons Israël mais c'est Israël qui nous choisit.
Je vais vous raconter une histoire,une parabole racontée par Shalom Wach (recruteur de candidats à l’alya pour Hadera)
C'est l'histoire d'une jeune fille qui avait décidé de se marier avec un jeune homme dont elle était amoureuse, mais son père en avait décidé autrement et l'a suppliée de rencontrer, au moins une fois, un autre jeune homme de bonne famille et dont le père voulait organiser ce mariage pour des raisons financières.
Elle accepte la mort dans l'âme. Elle le reçoit, mal fagotée, pas maquillée, le cheveu gras, et le jeune homme découvrant pour la première fois la jeune fille ,s'enfuit en courant.
Ainsi est Israël. Israël montre un beau visage ou repoussant suivant si vous êtes l'élu ou pas… Quand Israël veut de vous alors elle vous déploie toute sa beauté.
CD : Jolie parabole.
Julien : Dans un tel état d'esprit, les épreuves sont accueillies et non pas subies.Nous n'avons pas de regrets, pour nous c'est un privilège d'être ici.
Axelle : Quand je pense que nous avons la chance, le mérite de vivre ici, en Israël avec tout ce que cela comporte comme message, comme force, et qu'en plus on nous aide financièrement, , avec un véritable accompagnement dans notre intégration, c’est là que réside le miracle.
CD: Bien mais comment peut-on passer d'un mode de vie parisien, qui plus est de Neuilly-sur-Seine à un mode de vie à Hadera ?
Julien et Axelle :Tout d'abord , pour vivre en Israël il faut être capable de ne pas critiquer sa terre et ses habitants. Il faut savoir switcher !
CD: Switcher ? C'est-à-dire ...?
Axelle : Switcher veut dire, avoir en tête que nous ne sommes pas en France que notre état d'esprit et notre regard sur les choses, les gens et les événements ne doivent plus être en accord avec ce que nous vivions en France. Sinon intervient la comparaison, entre les deux pays, entre les deux cultures.
Nous sommes dans une autre culture nous devons donc adapter notre regard, notre ressenti et non le contraire. C'est une gymnastique de l'esprit.
En France nous étions un peu comme le foetus dans le ventre de sa mère, tout est facile, manger, vivre, chaleur, tout y est. Puis vient le passage, qui est très douloureux , et là on naît avec tout ce que cela comporte comme incertitudes. Et pourtant on se rend bien compte que la finalité de tout ce qui doit vivre est la naissance.Vivre en Israël c'est accepter de naître.
Vivre en France,pour nous ,c'était se préparer comme un foetus dans le ventre de sa mère à la naissance, et la naissance c'est Israël.
Julien : La France est un pays qui donne beaucoup, tout le temps.
On vit pour soi ,tout comme le foetus, sans se poser trop de questions.
Ici, en Israël on apprend à vivre avec les autres, on apprend à donner, on rentre dans la collectivité; C'est là qu'intervient le switch !
Changer sa vision de la vie. Changer de paradigme.
S'adapter aux circonstances. On est là pour l'autre on devient vecteur dans la collectivité.
On apprend l'humilité. On passe d'un stade passif, comme le foetus, à un stade actif. On s'accomplit en Israël.
Pour moi ce n'était pas évident, de vivre en Israël, ma femme m'a beaucoup aidé.
Et j'ai compris la fameuse phrase dans la Thora concernant l'épisode des explorateurs " C'est un pays qui mange ses habitants ". Absolument. Israël nous désintègre, nous déprogramme en quelque sorte.
Il faut se désintégrer pour pouvoir s'intégrer. Comme la graine dans la terre ,elle doit se désintégrer pour donner naissance au fruit.
CD : Bien, maintenant que vous nous avez expliqué votre choix et votre vision sur Israël. Alors pourquoi avoir choisi Hadera ce n'est pas un choix banal ...?
Julien : Comme nous venions de Neuilly-sur-Seine, alors autant vous dire que lorsque nous sommes arrivés à Hadera, j'ai eu un profond doute , j'ai regardé, ma femme et lui ai dit : "Mais qu'est-ce qu'on est en train de faire là ...? "
Puis j'ai dit " On saute ou ne saute pas ? " et on s'est dit , ensemble, "On saute !".
Si nous voulions vivre ici, à Hadera, il fallait faire un saut.
Axelle : Nous avons également rencontré un homme qui nous a donné un conseil très précieux avant notre départ :"Choisissez une ville où vous serez libre. Loin des contraintes sociales et financières".